Observer les aliments jetés pendant quelques jours peut aider un foyer à repérer des situations répétées: produit oublié, portion trop importante ou préparation non utilisée. Le relevé n’a pas vocation à devenir une statistique nationale. Il sert à décrire ce qui a été effectivement observé dans une cuisine.
En bref
- Mesurer avec une méthode constante.
- Ne pas confondre DLC et DDM.
- Tester une action liée à une cause observée.
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Un relevé simple et constant
Choisissez une période et une unité de relevé que vous pouvez tenir jusqu’au bout. Pour chaque aliment écarté, notez la quantité approximative, le moment et la raison connue. Les catégories peuvent rester courtes: assiette, produit oublié, achat non utilisé ou préparation en trop.
La cohérence de la méthode compte davantage que le niveau de détail. Si une période est notée en portions et une autre en grammes, les résultats ne décrivent pas la même chose. Les repas inhabituels, les invités ou une absence peuvent être signalés afin de replacer le relevé dans son contexte.
Comprendre DLC et DDM
L’Anses distingue la date limite de consommation, ou DLC, de la date de durabilité minimale, ou DDM. Les mentions « à consommer avant le » ou « à consommer jusqu’au » correspondent à la DLC. Elles concernent notamment des aliments frais réfrigérés comme les viandes, poissons, certains produits laitiers ou la charcuterie.
Selon l’Anses, ces produits ne doivent pas être consommés après la DLC indiquée car cela peut présenter un risque pour la santé. La source précise aussi que la date n’est plus valable après ouverture d’un produit et qu’il faut alors suivre les recommandations de conservation du fabricant.
La mention « à consommer de préférence avant le » correspond à la DDM. L’Anses indique que dépasser cette date ne constitue pas, en soi, un risque pour la santé, même si le produit peut perdre certaines qualités gustatives ou nutritionnelles. L’étiquette, l’état du produit et les consignes de conservation restent déterminants.
Placer le foyer dans l’ensemble de la chaîne
L’INRAE définit pertes et gaspillages comme la part des denrées initialement destinées à l’alimentation humaine qui est soustraite à différents stades de la chaîne alimentaire. La source décrit les pertes comme plutôt associées à la production et au transport, et les gaspillages comme plutôt attribués aux consommateurs et à la restauration hors foyer, tout en soulignant que la réalité est plus complexe.
Pour la France, l’INRAE indique que 33 % du poids des pertes alimentaires a lieu au niveau du consommateur, contre 32 % chez le producteur et 14 % chez le distributeur. L’information donne un contexte, sans permettre d’attribuer à un seul ménage l’ensemble du phénomène.
Tester une action ciblée
Une fois les causes observées, modifiez un seul point à la fois. Par exemple, un foyer qui repère des achats oubliés peut revoir l’emplacement des produits. Si les portions reviennent souvent dans le relevé, il peut ajuster la quantité servie au départ. La comparaison suivante doit utiliser les mêmes catégories et la même méthode.

La sécurité sanitaire ne doit pas être remplacée par un objectif de réduction des déchets. En cas de doute sur une DLC, une DDM, une conservation ou un produit sensible, l’Anses recommande de suivre l’étiquetage et les consignes du fabricant.
Point de prudence: un relevé domestique est un outil d’organisation. Il ne modifie ni les indications de date ni les règles de conservation applicables aux aliments.
Sources
- Date limite de consommation et date de durabilité minimale, Anses
- Pertes et gaspillages alimentaires, INRAE
Le gaspillage alimentaire est souvent décrit avec un chiffre global, alors que la décision se prend dans une cuisine, un réfrigérateur ou une assiette. Avant de changer toutes ses habitudes, un foyer peut observer ce qui est réellement jeté, à quel moment et pour quelle raison. Cette mesure n’a pas besoin d’être sophistiquée. Elle doit surtout être régulière et assez précise pour faire apparaître une cause.
L’infographie de l’INRAE sur les pertes et gaspillages alimentaires aide à distinguer les étapes et les situations concernées. La sécurité sanitaire impose, elle, de bien comprendre les dates. L’Anses explique la différence entre date limite de consommation et date de durabilité minimale. Une action utile doit réduire le déchet sans conduire à consommer un aliment qui ne doit plus l’être.
Choisissez une période représentative, par exemple plusieurs jours comprenant des repas ordinaires et un moment plus chargé. Pour chaque aliment jeté, notez la famille, la quantité approximative, le moment du rejet et la cause. Les catégories peuvent rester simples: assiette, produit oublié, préparation en trop, achat non utilisé ou emballage ouvert trop tard. Le but n’est pas de juger les personnes, mais de repérer les situations qui se répètent.
Mesurez avec une unité constante. Une pesée donne un résultat en grammes, mais une estimation par portion peut suffire si elle est appliquée de la même manière. Notez aussi les liquides et les petits restes seulement si vous les traitez de façon constante. Ne mélangez pas une semaine pesée avec une semaine évaluée au regard. Sinon, la variation peut venir de la méthode plutôt que du comportement.
Ajoutez le contexte utile: nombre de personnes présentes, repas pris à l’extérieur, invités et changement de planning. Une semaine atypique n’est pas inutile, mais elle doit être identifiée. Une mesure transparente permet de dire ce qui a été observé et ce qui ne l’a pas été.
La date limite de consommation et la date de durabilité minimale n’ont pas le même rôle. La fiche de l’Anses est la référence à consulter pour comprendre cette distinction et les précautions qui l’accompagnent. Une date ne doit pas être isolée de l’étiquetage, des conditions de conservation et de l’état du produit.
Dans le relevé, indiquez si le produit a été jeté à cause de sa date, de son aspect, d’une mauvaise conservation ou d’un surplus. Cela évite de conclure trop vite que tous les déchets viennent d’une seule date. Si une consigne de sécurité n’est pas claire, ne la remplacez pas par une règle générale trouvée dans un conseil de consommation. Vérifiez l’étiquette et la source sanitaire compétente.
Photo à la une. Source: Wikimedia Commons. Attribution: Yvonneberthe. Licence: CC BY-SA 4.0.