Le chauffage représente le plus gros poste de consommation d’énergie dans l’habitat et compte pour les deux tiers de la facture énergétique du logement, selon le ministère chargé du chauffage dans les bâtiments. Cette donnée donne une raison solide d’examiner l’installation et son usage, mais elle ne suffit pas à désigner un système comme le moins coûteux ou le moins émetteur dans tous les logements.
En bref
- Le chauffage représente deux tiers de la facture énergétique du logement.
- Les données nationales de RTE ne remplacent pas une étude de logement.
- Les règles de température et certains équipements sont encadrés.
Pour approfondir les sujets liés aux usages domestiques de l’énergie, retrouvez notre rubrique Énergie. Les extraits fournis décrivent la consommation électrique nationale, certaines règles de température et des exigences applicables à des équipements lors de travaux. Ils ne fournissent pas un classement complet des technologies de chauffage selon leur coût total ou leurs émissions.
Lire les données nationales avec prudence
En 2023, la consommation d’électricité en France métropolitaine, corrigée des aléas météorologiques et des variations de calendrier, a atteint 445,7 TWh. RTE indique une baisse de 14,5 TWh, soit 3,2 %, par rapport à 2022, et une baisse de 32,4 TWh, soit 6,8 %, par rapport à la période 2014-2019. Ces chiffres proviennent du Bilan électrique 2023 de RTE.
Cette correction climatique sert à comparer les années indépendamment de la variabilité météorologique et à mieux identifier les évolutions structurelles de consommation. Les bilans peuvent s’appuyer sur des données de comptage, consolidées après disponibilité des informations des réseaux, ou sur des données provisoires associant télémesures et estimations. Une donnée nationale corrigée est donc utile pour observer une tendance, mais elle ne mesure pas la dépense de chauffage d’un foyer particulier.
RTE relie la baisse observée en 2023 à plusieurs facteurs, dont les incitations à la sobriété, les prix élevés de l’énergie, l’inflation et les effets durables de la crise sanitaire sur l’activité. Dans une enquête menée avec Ipsos après l’hiver 2022-2023, 79 % des répondants citant des écogestes ont indiqué au moins un motif financier. Ce résultat éclaire un contexte de décision, pas le rendement d’un appareil précis.
Le chauffage dans le budget du logement
Le ministère indique que des travaux de rénovation énergétique peuvent réduire durablement la facture de chauffage et améliorer le confort du logement. Cette formulation porte sur des travaux de rénovation, et non sur une promesse générale attachée à tout remplacement d’appareil. La pertinence d’un projet reste liée au bâtiment, à ses équipements et aux travaux envisagés.
En 2023, RTE relève que les tarifs réglementés de l’électricité ont augmenté en moyenne de 15 % au 1er février puis de 10 % en août. Le même bilan précise que les effets des prix de l’énergie et de l’inflation ont pesé sur la consommation des ménages. Ces éléments expliquent pourquoi il faut distinguer le niveau de consommation, le prix payé par le consommateur et les règles applicables à une installation.
Les sources fournies ne donnent pas de coût d’achat, de coût d’entretien, de durée de vie ou de comparaison d’émissions entre toutes les solutions de chauffage. Il serait donc inexact de conclure, sur leur seule base, qu’une chaudière, une pompe à chaleur ou un radiateur électrique est toujours préférable à une autre option. Une comparaison fiable doit reposer sur des données propres au projet et sur les informations techniques pertinentes pour l’équipement envisagé.

Les températures encadrées dans les logements
La réglementation citée par le ministère fixe en moyenne à 19 °C la limite supérieure de température de chauffage dans l’ensemble des pièces d’un logement, sauf cas particuliers prévus par le code de l’énergie. Pour une période d’inoccupation d’au moins 24 heures et de moins de 48 heures, la limite moyenne est de 16 °C. Elle est de 8 °C lorsque l’inoccupation atteint au moins 48 heures.
Des dispositions distinctes concernent notamment les établissements sanitaires et hospitaliers, les logements où sont donnés des soins médicaux et ceux qui accueillent des personnes âgées ou de jeunes enfants. Dans ces cas, la limite supérieure moyenne de chauffage est de 22 °C et la température d’une pièce individuelle ne doit pas dépasser 24 °C. Ces exceptions montrent que les règles de température ne se lisent pas de façon isolée de l’usage des locaux.
Le ministère rappelle également que les systèmes de refroidissement ne doivent fonctionner que lorsque la température intérieure dépasse 26 °C, sous réserve des cas particuliers prévus. Chauffage et refroidissement sont ainsi abordés comme des usages encadrés afin de limiter les consommations d’énergie dans les bâtiments.
Ce que la réglementation prévoit lors de travaux
La réglementation thermique dans l’existant comporte un volet pour les rénovations globales et un autre applicable élément par élément. Ce dernier fixe notamment des performances à respecter lorsque des travaux d’isolation ou de remplacement d’équipements sont entrepris. Le respect de ces exigences se vérifie dans le cadre des travaux concernés, et non à partir d’une simple comparaison commerciale.
Pour certains radiateurs électriques à action directe installés ou remplacés, les exigences citées comprennent une régulation électronique intégrée, quatre niveaux de fonctionnement et, dans certains cas, une temporisation. Les nouveaux émetteurs, hors chauffage au bois, doivent aussi comporter un dispositif d’arrêt manuel et une régulation automatique selon la température intérieure, sauf lorsqu’une régulation existe déjà ou qu’une impossibilité technique est constatée.
Tout nouveau dispositif de chauffage centralisé doit comporter une commande manuelle et une programmation automatique comportant au moins les allures confort, réduit, hors-gel et arrêt. Si l’installation complète du système est remplacée, les radiateurs doivent être adaptés au fonctionnement basse température et le réseau de distribution doit être calorifugé selon les conditions précisées par le ministère.
Une comparaison qui reste dans son périmètre
Les données disponibles permettent d’établir que le chauffage occupe une place majeure dans la facture énergétique et que la rénovation peut être un levier de confort et de réduction durable de cette facture. Elles permettent aussi de rappeler des températures maximales et des obligations techniques liées à certains travaux. Elles ne suffisent pas à chiffrer un coût total ou à comparer les émissions de tous les systèmes pour chaque habitation.
Avant de retenir une option, il est donc essentiel de séparer les résultats nationaux, les règles applicables et les caractéristiques du projet. Cette distinction évite d’attribuer à une source une conclusion qu’elle ne formule pas.
Sources
- Bilan électrique 2023 : consommation, RTE
- Chauffage dans les bâtiments, ministère de la Transition écologique
Choisir un chauffage à partir du seul prix de l’équipement donne une comparaison incomplète. Une solution peu coûteuse à l’achat peut demander des travaux, un entretien ou une énergie dont le prix varie. À l’inverse, une installation plus chère peut modifier le confort quotidien et la consommation du logement. Pour comparer avec sérieux, il faut donc poser la même question à chaque option: combien coûte-t-elle sur la période retenue, quel service rend-elle et quelles émissions prend-on en compte?
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