220 mm de pluie en quelques heures : ce que l’eau a laissé dans l’est de l’Hérault
Entre Aimargues, Lunel et Saint-Laurent-d’Aigouze, des habitants racontent des rues envahies, des évacuations et une vigilance crue toujours active le soir même.
En bref
- Des intempéries ont frappé l’est de l’Hérault et le Gard dans la nuit du 19 au 20 octobre.
- À Aimargues, un camping a été évacué en urgence et le centre-ville est resté inondé.
- Mardi soir, le Vistre était encore classé en vigilance orange crue.
Dans l’est de l’Hérault et dans le Gard, la nuit a été marquée par des averses d’une violence telle que des torrents ont coulé dans les rues. Le reportage diffusé au journal de 20 heures de France 2 et relayé par franceinfo décrit la situation sur place, d’Aimargues à Lunel.
Une nuit de pluie sur deux départements
Les intempéries se sont abattues dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 octobre. Le cumul dépasse 220 millimètres, tombés en l’espace de quelques heures seulement. Les rues de plusieurs communes se sont remplies d’eau et l’écoulement y a pris la forme de véritables torrents.
Au matin, la vue depuis l’hélicoptère des pompiers donnait la mesure de l’épisode : les communes situées autour de Lunel paraissaient cernées par les eaux.
Aimargues : un camping évacué, un centre-ville noyé
À Aimargues, dans le Gard, la montée de l’eau a été si rapide dans un camping qu’il a fallu l’évacuer dans l’urgence. Des vacanciers ont dû mettre fin à leur séjour de façon brutale. À la sortie de la commune, l’entrée de l’établissement s’était muée en cours d’eau.
Un résident permanent du camping a lui aussi dû quitter les lieux. Laurent Roux, évacué du camping, confie : « C’est choquant de voir l’eau arriver comme ça. J’appelais tout à l’heure pour savoir si on pouvait rentrer. On nous a dit que non. »
Dans le centre-ville, le niveau restait très élevé. Les vélos avaient du mal à franchir les rues, des camions de pompiers roulaient au milieu de l’eau et des voitures demeuraient immobilisées. Certains habitants avaient choisi de se barricader chez eux. Des équipes de policiers municipaux faisaient le tour des domiciles pour s’enquérir de la situation des occupants et s’assurer qu’aucun d’eux ne réclamait un secours.
Dans les rues du centre d’Aimargues, les habitants rentraient chez eux comme ils le pouvaient. Un riverain explique qu’il retire ses chaussures et se débrouille, faute de choix. Pendant que certains automobilistes tentaient de se frayer un passage devant des habitants dépités, d’autres véhicules restaient à l’arrêt dans l’eau.
Laurent Roux, de son côté, ne sait pas dans quel état il retrouvera son mobil-home. Les équipes de France Télévisions ont suivi les policiers municipaux lors de leur tournée auprès des habitants restés chez eux.
Lunel et Saint-Laurent-d’Aigouze au lendemain de la nuit
À Lunel, Antoinette Da-Rocha, habitante de la ville, a découvert l’état de l’intérieur de sa maison. Elle témoigne : « À 5 h 30 du matin, tout était inondé. »
À Saint-Laurent-d’Aigouze, des agents de la police municipale sillonnaient des quartiers où plusieurs maisons avaient été touchées par l’eau. Patrice Rous, directeur de la police municipale de la commune, estimait : « D’ici deux ou trois heures maximum, ça devrait s’évacuer. On a eu quasiment 220 millimètres en peu de temps »
Face aux dégâts dans sa maison de Lunel, Antoinette Da-Rocha se désole : elle considère que tout, à l’intérieur, est perdu. Le constat s’est fait à la lumière du jour, après une inondation qui l’avait surprise à l’aube.
Le Vistre, qui traverse l’ouest du Gard, restait surveillé de près, avec un classement en vigilance orange pour le risque de crue.
Où en était-on mardi soir
- Le Vistre, cours d’eau de l’ouest du Gard, restait classé en vigilance orange crue.
- À Aimargues, des automobiles étaient toujours coincées dans le centre inondé.
- Les habitants de Lunel et des environs constataient les dégâts dans leurs logements.
Illustration générée par IA
