Nappes phréatiques en France : la vidange se poursuit en octobre
Selon le BRGM, 66 % des points d’observation sont sous les normales mensuelles au 1er octobre, après l’été le plus chaud jamais enregistré en France.
Dans son bulletin mensuel du jeudi 8 octobre, le BRGM, établissement qui tient lieu de service géologique national, fait le point sur l’état des nappes phréatiques. Son verdict tient en peu de mots : la situation reste « très préoccupante ». Les relevés datent du 1er octobre, à un moment de l’année où les réserves souterraines devraient normalement commencer à se reconstituer. Cette information est rapportée par franceinfo et par Reporterre.
En bref
- Son verdict tient en peu de mots : la situation reste « très préoccupante ».
- Ailleurs, le tableau est nettement plus sombre.
- D’ici là, les 66 % de points sous la normale, la vidange qui continue et les doutes sur l’effet des pluies d’automne résument un début d’octobre où les réserves souterraines restent fragiles.
Deux points de mesure sur trois sous la normale
Voici la donnée principale du bulletin : sur 100 relevés, 66 sont en dessous du niveau attendu pour la saison. Autrement dit, deux points de mesure sur trois se situent en dessous de ce que l’on attend à cette période. Le BRGM précise que la vidange, c’est-à-dire la baisse du niveau, se poursuit sur l’ensemble du territoire, alors que la tendance habituelle à cette date est à l’amorce de la recharge.
Ce décalage compte. Une nappe phréatique est une réserve d’eau souterraine qui se remplit surtout lorsque la pluie s’infiltre dans le sol. Si le niveau continue de descendre au moment où il devrait remonter, la saison de recharge démarre avec du retard et avec des stocks déjà bas.
Un été record, très peu de pluie
D’après franceinfo, la situation s’explique par un déficit de pluie après un été de sécheresse exceptionnel. Reporterre parle, de son côté, d’un état très dégradé des nappes, causé par le manque de pluie combiné à des chaleurs caniculaires.
Le contexte climatique est sans précédent dans les relevés cités : la France a connu l’été le plus chaud jamais enregistré, devant 2003 et 2022. Sur 24 heures, la moyenne des températures a culminé à 24 °C, soit 3,6 °C au-dessus des normales calculées de 1991 à 2020. Les précipitations ont été rares, ce qui explique la sécheresse marquée.
Une carte très contrastée
La dégradation touche la majeure partie du pays, avec une exception notable dans le Sud-Est. Le BRGM cite les nappes de la Vistrenque, dans le sud du Gard, et celles des sables astiens de Valras-Agde, autour de l’Hérault, comme des cas où le niveau n’est pas dégradé.
Ailleurs, le tableau est nettement plus sombre. Selon Reporterre, le niveau est très bas pour plusieurs ensembles :
- les nappes du socle du Morvan, du Forez, du Livradois, du Vivarais et du Limousin ;
- les calcaires du Jura, les grès vosgiens et la craie de Champagne ;
- les calcaires triasiques de Lorraine et la plaine nord de l’Alsace.
franceinfo renvoie en outre à un autre article consacré à la Bretagne, où 94 % des nappes seraient sous la normale, ce que le média qualifie de déficit en eau historique. Ce chiffre régional vient d’un texte distinct du bulletin national, et il ne doit pas être confondu avec les 66 % mesurés à l’échelle du pays.
Ce que l’automne peut changer
La sécheresse devrait en principe s’achever ce mois-ci. Les prévisions saisonnières de Météo-France annoncent, sur la façade atlantique et dans le nord-est du pays, davantage de pluie que d’habitude d’ici décembre. Les températures devraient, elles, rester au-dessus des normales sur l’ensemble du territoire.
Le BRGM tempère toutefois cet espoir. Il évoque des incertitudes sur l’efficacité des pluies d’automne, c’est-à-dire sur leur capacité à réhumidifier des sols très secs. Dans un sol desséché, l’eau a plus de mal à s’infiltrer en profondeur, ce qui peut limiter la recharge même quand il pleut. Cette mise en garde vient du BRGM lui-même, et aucun des articles consultés ne chiffre l’effet attendu.
Des conséquences déjà visibles ailleurs
Les effets de cette sécheresse ne se limitent pas aux niveaux d’eau. Parmi les articles proposés par franceinfo autour de ce sujet figure l’annonce, par la ministre de l’Agriculture, de prêts à taux zéro destinés à soutenir les agriculteurs touchés. Les détails de ce dispositif ne figurent pas dans les sources utilisées ici.
Pour ramener ces tensions à l’échelle d’un foyer, un autre article détaille les usages de l’eau qui pèsent vraiment.
Le prochain bulletin du BRGM permettra de savoir si la recharge a fini par s’enclencher. D’ici là, les 66 % de points sous la normale, la vidange qui continue et les doutes sur l’effet des pluies d’automne résument un début d’octobre où les réserves souterraines restent fragiles.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Florian Pépellin. Licence : CC BY-SA 4.0.
