Consommation

Les PFAS de Tefal visés par une mise en demeure contre SEB

Au nom du devoir de vigilance, trois associations donnent trois mois à SEB pour publier une stratégie sur le PTFE et les autres PFAS de ses poêles Tefal.

Élise Boucard Par Élise Boucard
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Les PFAS de Tefal visés par une mise en demeure contre SEB
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Le 8 octobre, trois associations, Générations futures, Notre affaire à tous et ClientEarth, ont notifié une mise en demeure au groupe SEB, qui détient la marque Tefal. Elles lui demandent de recenser les risques que posent les PFAS dans sa fabrication et de programmer leur abandon.

En bref

  • Elles lui demandent de recenser les risques que posent les PFAS dans sa fabrication et de programmer leur abandon.
  • Générations futures résume son objectif : « Nous souhaitons aujourd’hui que les industriels via le cas de SEB prennent toute leur part dans l’anticipation des risques chimiques et de l’évolution des règlementations.
  • Le député insiste aussi sur l’enjeu sanitaire.

Ce que réclament les trois associations

D’après Reporterre, ces organisations laissent à l’entreprise française un délai de trois mois pour rendre publique une stratégie. Ce document devra comprendre un recensement complet des risques associés au PTFE et à n’importe quelle autre PFAS présente dans ses activités. Le PTFE est un fluoropolymère que le grand public connaît surtout sous l’appellation Téflon.

Les associations demandent aussi que soit planifiée la reconversion des emplois qui seraient touchés par l’abandon de ces substances.

Le devoir de vigilance comme levier

Leur action s’appuie sur la loi relative au devoir de vigilance, qui impose aux grandes sociétés de diffuser un plan destiné à repérer et à prévenir les risques engendrés par leur activité. Cette obligation s’applique depuis 2017. Selon les associations, le plan de SEB ne cite pas assez les PFAS employées par le groupe, en particulier pour les poêles et casseroles Tefal.

Calendrier, tel que le rapportent les sources : la mise en demeure a été envoyée le 8 octobre, et le groupe dispose de trois mois pour publier sa stratégie. Si son plan de vigilance n’est pas actualisé, les associations précisent dans un communiqué qu’elles pourraient saisir le tribunal judiciaire de Paris en assignant le groupe.

Le groupe a réagi auprès de plusieurs médias : il a dit qu’il allait « examiner le contenu de cette mise en demeure avec attention et répondre le cas échéant dans le cadre prévu par la loi ».

Générations futures résume son objectif : « Nous souhaitons aujourd’hui que les industriels via le cas de SEB prennent toute leur part dans l’anticipation des risques chimiques et de l’évolution des règlementations. »

Ce que la loi de février 2025 couvre, ou non

La loi de février 2025 a permis d’interdire les PFAS dans l’habillement, les chaussures, les cosmétiques et les farts de skis. Les ustensiles de cuisine, eux, ne sont pas concernés par cette interdiction.

Reporterre impute cette exclusion à un lobbying intense de SEB auprès des parlementaires. Le média rappelle en outre qu’une exposition chronique à certains PFAS est associée à des risques cardiovasculaires, à des perturbations endocriniennes et à des cancers.

La réaction de Nicolas Thierry

Le vendredi 9 octobre, Nicolas Thierry (Les Écologistes), député de la Gironde et auteur à l’origine de la loi sur les PFAS, s’est exprimé sur franceinfo. D’après franceinfo, il juge que le groupe Seb s’entête depuis des années.

Le parlementaire souligne que SEB a déposé plusieurs plaintes pour diffamation, dont une visant Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, en mai 2026, à cause de ses déclarations sur les PFAS présentes dans les poêles Tefal.

Il défend une planification et une transition permettant de produire des ustensiles sans PFAS tout en protégeant les emplois. À ses yeux, Tefal fabrique déjà des produits en céramique, ce qui montre que le groupe sait faire. Il déplore enfin que les pouvoirs publics ne consacrent pas davantage de moyens à ce soutien : selon lui, l’État soutient Seb, parfois même financièrement, sans demander de contrepartie en matière de transition.

Le député insiste aussi sur l’enjeu sanitaire. Il estime que les PFAS représentent « probablement le plus grand scandale sanitaire de ce début de 21ᵉ siècle » et que la santé doit passer avant tout, ce qui suppose d’accompagner les industriels pour qu’ils cessent de polluer.

Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Nickispeaki. Licence : CC BY-SA 4.0.

Élise Boucard

Le journal des méthodes

Élise Boucard

Élise Boucard a travaillé plusieurs années dans une association de défense des consommateurs, où elle répondait aux litiges sur les garanties et les réparations. Elle écrit pour Écologie pratique sur la consommation et l'habitat : réparation, seconde main, produits ménagers, isolation et aides à la rénovation. Elle fait réparer ses chaussures chez le même cordonnier depuis vingt ans.