Pour garder leur voiture, 78 % des Français rognent ailleurs
Loisirs, vacances, épargne et même alimentation : une enquête Leocare et Discurv détaille ce que les ménages coupent pour continuer à payer leur véhicule.
Près de huit conducteurs sur dix ont déjà coupé dans d’autres postes pour financer leur voiture, selon une enquête Leocare et Discurv menée le 28 septembre 2026.
En bref
- L’assureur a interrogé 1 000 personnes représentatives de la population française.
- Remplacer sa voiture devient un autre casse-tête.
- « le dernier trimestre de 2026 s’inscrit comme une période fatidique pour les flottes automobiles.
L’assureur a interrogé 1 000 personnes représentatives de la population française. Seuls 23 % disent n’avoir eu aucune dépense à réduire. Le reste du panel arbitre, parfois au détriment de besoins jugés essentiels, comme le rapporte L’Energeek.
Une voiture vécue comme un luxe, et qui pèse lourd
Le sentiment de luxe ne progresse pas : la proportion de 74 % est identique à celle mesurée en 2025. Ce qui change, c’est la manière de le payer. Pour 9 % des sondés, la voiture absorbe même plus de 30 % du budget du mois. Et 15 % avouent ne pas savoir chiffrer ce que leur véhicule leur coûte réellement, un angle mort sur une dépense pourtant centrale.
Christophe Dandois, cofondateur de Leocare, résume ce glissement : « L’an dernier, la voiture était un luxe auquel les Français ne voulaient pas renoncer. »
Ce que les ménages retirent de leur budget
Les coupes commencent par les plaisirs, mais elles ne s’y arrêtent pas. Voici la part des répondants qui ont réduit chaque poste :
| Poste réduit | Part des sondés |
|---|---|
| Sorties, restaurants et loisirs | 47 % |
| Vacances et voyages | 37 % |
| Vêtements | 30 % |
| Bien-être | 30 % |
| Abonnements (streaming, sport, loisirs) | 25 % |
| Cadeaux | 23 % |
| Alimentation | 13 % |
Plus d’un sondé sur quatre puise donc dans ses réserves, et un sur huit environ rogne sur ce qu’il met dans son assiette.
Réparations différées, emprunts et rachat hors de portée
L’arbitrage touche aussi le véhicule lui-même. 48 % des Français ont déjà pris le volant malgré un problème mécanique connu au lieu de faire réparer tout de suite, et 24 % l’ont fait plus d’une fois.
Quand la panne ne peut plus attendre, l’emprunt prend le relais. Selon l’enquête relayée par Yahoo, 31 % des conducteurs ont déjà sollicité une banque, un crédit à la consommation ou un proche pour une réparation imprévue, et près de 10 % à plusieurs reprises.

Remplacer sa voiture devient un autre casse-tête. 56 % des répondants seraient incapables de racheter un modèle équivalent au leur. Le détail est parlant : 15 % le pourraient sans difficulté, 29 % au prix d’autres sacrifices, tandis que 22 % n’ont plus du tout les moyens d’acquérir une voiture. Parmi ceux qui devraient en racheter une, 34 % se tourneraient vers un modèle moins cher ou d’occasion.
L’assurance auto, une facture qui grimpe
Sur les douze derniers mois, 63 % des sondés ont vu leur prime d’assurance augmenter, dont 15 % fortement. À peine 3 % ont bénéficié d’une baisse.
Deux mécanismes sont cités. D’abord le coût des sinistres : d’après l’organisme SRA (Sécurité et Réparation Automobiles), réparer une voiture après une collision coûte en moyenne près de 30 % de plus en 2025 qu’en 2021, sous l’effet du prix des pièces et de l’électronique embarquée. Ensuite, la surprime catastrophes naturelles des contrats auto est passée de 6 % à 9 % au 1er janvier 2025. Par le jeu de la mutualisation, ces surcoûts retombent sur l’ensemble des assurés, y compris ceux qui n’ont rien déclaré.
La fidélité a ses limites. 47 % des répondants songeraient à quitter leur assureur si la hausse annuelle atteignait 10 % ou moins, et 9 % le feraient dès la moindre augmentation. Au-delà d’un certain seuil, 83 % seraient prêts à partir ; 17 % resteraient quoi qu’il arrive. La loi Hamon autorise justement la résiliation d’un contrat auto à tout moment une fois la première année écoulée.
Se passer de la voiture, une option pour peu de monde
Malgré la pression, la dépendance reste forte : 53 % disent ne pas pouvoir se passer de leur voiture au quotidien, 30 % ne le pourraient qu’au prix de fortes complications, et 11 % seulement imaginent vivre sans sans difficulté majeure. Pour ceux qui veulent alléger la note sur certains trajets, partager les frais en trajet de covoiturage demande quelques règles à poser à l’avance.
Pourtant, 37 % envisagent de se séparer de leur véhicule dans l’année qui vient : 10 % jugent cette issue très probable, 27 % la considèrent comme une possibilité. À l’inverse, 47 % refusent catégoriquement et 16 % ne savent pas.
Côté fiscalité, le signal vient des flottes d’entreprise, qui doivent composer avec les avantages en nature, le malus au poids, l’écotaxe et les quotas de verdissement de la loi LOM. Les hybrides y sont peu concernés par l’écotaxe. Jean Pagezy, président de PCA Services, estime que la fiscalité automobile restera stable pour l’année à venir, mais que des taxes visant les véhicules électriques pourraient apparaître en janvier 2027.
« le dernier trimestre de 2026 s’inscrit comme une période fatidique pour les flottes automobiles. »
Jean Pagezy, président de PCA Services
Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Gift Lane. Licence Pexels.
